Mystère élucidé : l’ex-mari de la victime de Moselle accusé de meurtre
Vingt années se sont écoulées avant qu’une enquête criminelle ne franchisse un cap décisif. Une victime inconnue, découverte dans des circonstances macabres en Moselle, vient enfin de retrouver son identité. Cette avancée majeure ouvre la voie à des poursuites judiciaires inédites.
Un corps découvert dans des conditions glaçantes
En janvier 2005, à Saint-Quirin en Moselle, un tonneau de récupération d’eau de pluie révèle un terrible secret. À l’intérieur, le cadavre d’une femme enveloppé dans des sacs-poubelles est mis au jour.
La victime, mesurant 1,60 mètre, portait un débardeur rose. Son corps présentait des traces de coups portés par armes blanches. Un détail attire l’attention des enquêteurs : une couronne dentaire Richmond, signe d’un traitement onéreux.
Malgré ces indices, aucune disparition enregistrée ne correspond au profil. L’identité de cette femme reste un mystère pendant près de deux décennies, malgré les investigations menées entre 2005 et 2009.
La campagne Interpol qui change la donne
L’année 2023 marque un tournant. La campagne Identify Me d’Interpol inclut ce dossier parmi 47 affaires non résolues concernant des femmes tuées ou décédées dans des circonstances troubles.
Grâce aux techniques modernes d’ADN familial, les enquêteurs parviennent enfin à mettre un nom sur cette victime : Hakima Boukerouis. Cette identification s’inscrit dans une série de réussites de l’opération, après les cas surnommés « la femme à la fleur tatouée » et « la femme dans le poulailler ».
Une première dans l’histoire de la campagne
Ce dossier représente une avancée sans précédent. Pour la première fois depuis le lancement de l’initiative, une identification débouche sur l’arrestation d’un suspect.
En juin 2025, l’ancien époux d’Hakima Boukerouis est interpellé. Les autorités le soupçonnent d’avoir commandité l’assassinat de son ancienne conjointe.
Un parcours judiciaire mouvementé
Mis en examen puis incarcéré, le suspect ne reste pas longtemps derrière les barreaux. En septembre 2025, il obtient une libération sous contrôle judiciaire.
Cette décision s’explique par des considérations liées à son âge avancé et son état de santé. L’enquête se poursuit néanmoins pour établir définitivement sa responsabilité dans ce crime.
La lutte continue pour les autres victimes
Valdecy Urquiza, secrétaire général d’Interpol, insiste sur la nécessité de maintenir les efforts sur ces dossiers anciens. Quarante-deux femmes attendent encore d’être identifiées.
Parmi ces affaires non élucidées figurent notamment « la globe-trotteuse », « l’introvertie » ou encore « la jeune fille dans le Main ». Chaque cas représente une histoire tragique qui mérite d’être résolue.
L’identification d’Hakima Boukerouis démontre que les cold cases peuvent toujours trouver une issue, même après plusieurs décennies. Les progrès scientifiques et la coopération internationale redonnent espoir aux familles des victimes.

